Université porteuse : Université POLITEHNICA de Bucarest

« Pour le renforcement de la recherche en vue du développement des formations francophones niveau master – La Plateforme du français technique et des technologies de la langue »


niveau:A2/B1

Objectifs linguistiques

  • Utilisation du présent et des différents temps du passé pour présenter un savant ou une invention (ou faire le point sur un domaine).
  • Transformation de notes en rédaction de textes (nominalisations = verbes, articulateurs…).


Source:
http://landragin.pagesperso-orange.fr/ActuAV/rubriques/historique/histoiredel%27electronique.htm

L'invention de l'électronique

De la Triode au transistor MOS de puissance, du tube à vide au Pentium III, l'histoire de l'électronique appartient toute entière au XXe Siècle. Mais elle a été préparée par les physiciens du siècle précédent, dont les théories n'attendaient qu'une concrétisation expérimentale. La fée électricité avait plus d'un tour (de magie) dans son sac, mais il aura fallu pas mal de temps pour les révéler.

L'électronique, sous-produit de l'industrie de l'éclairage
Découlant des tentatives fort empiriques pour prolonger la durée des lampes à incandescence inventées en 1878 par Thomas Edison (1847-1931) , la découverte de l'électronique est pratiquement un accident. L'anglais Sir John Ambrose Fleming (1849-1945) imagine de placer une plaque métallique dans l'ampoule.

Ensemble de 4 audions de Lee de Forest (1904) (photo réalisée au Musée de Radio France)



La " valve de Fleming ", brevetée en 1904, qui vient de naître est une " diode à chauffage direct ". Le génial inventeur imagine de l'utiliser pour la détection des ondes radio. Peu après, en 1907, l'américain Lee de Forest (1873-1961) ajoute une grille entre le filament et la plaque. Le tube triode est né, et avec lui s'ouvre un monde d'application mettant en œuvre les fonctions d'amplification, d'oscillation, de commutation.
Note : le phénomène d'émission thermo-ionique ne fut élucidé qu'en 1912 par Sir Owen Williams Richardson (1879-1959) et la véritable solution du problème initial ne fut trouvée que beaucoup plus tard avec la lampe à halogènes, dite aussi quartz-iode
Les guerres font avancer la technologie
La Grande Guerre pousse les développements de la radio, alors que la seconde guerre mondiale voit l'apparition des premiers radars opérationnels. Les nécessités stratégiques dans les domaines du déchiffrage des messages codés et, surtout, des calculs balistiques, donnent l'impulsion nécessaire au développement des premiers ordinateurs.

Reconstitution d'une casemate de la Grande Guerre avec son équipement radio (photo réalisée au Musée de Radio France)


Du tube au semi-conducteur
Les redresseurs à l'état solide (oxyde de cuivre, sélénium…) étaient connus depuis longtemps. Le cohéreur de Branly et le morceau de galène des postes du même nom en sont l'expression première. Le composant semi-conducteur dit "diode à pointe", constitué d'un morceau de germanium sur lequel est appliqué une pièce métallique, avait remplacé la diode à vide dans les applications de détection des ondes radio lorsque des problèmes de fabrications de ce type de composant intriguent les chercheurs. Certaines diodes à pointe "ratées" présentent un comportement inhabituel. C'est l'origine de la découverte du transistor par les américains Bardeen, Brattain et Shockley en 1948, ce qui leur vaut le prix Nobel de physique en 1956.
Néanmoins, il faut encore des années pour que les composants semi-conducteurs sortent des labos et l'électronique à tubes atteint le raffinement suprême à la fin des années 1960. Les transistors à effet de champ ne tardent pas à faire leur apparition. Leur fragilité freine leur développement. L'effet mis en œuvre dans les transistors MOS est connu depuis des années. La réalisation pratique n'en est venue que tardivement. Il faut attendre la technologie des mémoires et microprocesseurs pour disposer de transistors MOS de puissance.
Des milliers d'éléments sur une même puce
Les premiers circuits intégrés sont des amplificateurs opérationnels bipolaires destinés aux prothèses auditives (Texas Instruments, 1959). Dans le domaine numérique, la réalisation intégrée des familles logiques RTL, DTL, puis TTL permet de réaliser des ordinateurs viables. Dès 1968, les mémoires à semi-conducteurs se lancent à la conquête du domaine réservé aux mémoires " tissées " sur des tores de ferrites. Le premier microprocesseur (Intel 4004) apparaît en 1971. Mais la véritable révolution vient avec la technologie CMOS (RCA). La structure élémentaire, très compacte, permet l'intégration à grande échelle (LSI, 1973, puis VLSI, 1983). La loi expérimentale de Moore s'applique précisément : la puissance des composants double tous les 18 mois.
L'électronique omniprésente
L'électronique envahit tout, depuis les domaines les plus pointus tels que l'aéronautique (commandes de vol électriques, calculateur de vol, système de navigation) ou la traction ferroviaire (redressement contrôlé à thyristors puis moteurs autosynchrones à commande électronique), sans parler (hélas !) des systèmes d'armes, jusqu'à devenir indispensable à notre confort quotidien.
Quelles technologies pour le XXIe Siècle ?
Le XXe siècle a connu trois révolutions : celle de l'électronique, celle du semi-conducteur, et celle de l'intégration à grande échelle. La finesse de gravure des circuits intégrés atteint actuellement 0,18 µm. Le siècle prochain sera celui d'une rupture technologique annoncée : au-dessous de 0,1 µm (100 nanomètres), les effets quantiques se manifestent, dus au fait que l'électricité est constituée de " grains " (les électrons) et non d'un flux continu. Il faudra prendre en compte cet aspect des choses ou mettre en œuvre des principes différents. L'optique, la supraconductivité, l'électronique à un électron sont autant de pistes défrichées par les expérimentateurs.
Pendant tout ce siècle, les théoriciens n'ont pas chômé. Si des grandes découvertes sont dues au hasard, il reste dans les cartons des théories qui ne demandent qu'à être appliquées. Depuis des siècles, il en est ainsi des spéculations intellectuelles, qui portent le nom de grands savants : Bessel (1784-1846), Bode (1747-1826), Boole (1815-1864), Coulomb (1736-1806), Doppler (1803-1853), Fourier (1768-1830), Laplace (1749-1827), Maxwell (1931-1879), Peltier (1785-1845), et tant d'autres immortels, bien loin d'imaginer quelle mise en pratique leurs travaux allaient trouver.

Jean-Pierre LANDRAGIN

EXERCICES.

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